Je considère les risques psychosociaux 1

Les risques psychosociaux sont l’un des domaines du bien-être au travail.

Ils sont la manifestation de plusieurs problèmes souvent liés à l’organisation. 

La souffrance d’une personne engendre fréquemment une souffrance collective et réciproquement, d’où l’importance de la prendre en compte dans les institutions.

Afin d’améliorer votre bien-être au travail, envisagez : 

  • ce qu’est un risque psychosocial ;
  • les cinq facteurs qui engendrent ces risques.
Elément

Un risque psychosocial est défini comme « la probabilité qu’un·e ou plusieurs travailleur·euse·s subissent un dommage psychique qui peut également s’accompagner d’un dommage physique à la suite de l’exposition à une situation de travail comportant un danger » 2.

Cela concerne principalement votre rapport au travail, à vos collègues et à l’organisation du travail. 
Le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale propose un film de 19 minutes expliquant les risques psychosociaux, qui se compose de quatre parties. 

  • Est-ce que le travail nous rend malade ?
  • Un monde du travail en changement.
  • Que faire pour garantir un environnement de travail sain ?
  • Que peut faire l’entreprise quand il y a des problèmes ?

La vidéo « Tu me fais craquer » réalisée par l’ABBET et le VIDEP présente également les risques psychosociaux dans diverses organisations du secteur non marchand.

Les risques peuvent provenir de cinq sources différentes, qui ne relèvent pas de votre seule responsabilité mais aussi de celle de l’équipe et de votre organisation.

Il n’y a pas de solution prête à l’emploi : souvent, la réponse est complexe et collective, d’où l’importance de vous tourner vers les acteur·rice·s du bien-être au travail en cas de risques psychosociaux.

Comment vous sentez-vous au travail ? Afin de percevoir les risques psychosociaux potentiels dans votre travail, faites le test !

L’organisation du travail

Il s’agit de la manière dont les tâches et les relations d’autorité sont réparties au sein de l’organisation. Ce peut être :

  • les procédures de travail ;
  • la communication entre les différents services et les travailleur·euse·s ;
  • l’autonomie des travailleur·euse·s ;
  • la clarté des rôles ;
  • le contexte économique de l’organisation (situation de crise, restructuration, insécurité socioéconomique, etc.).

Par exemple, certains paramètres peuvent engendrer des conflits, des malentendus et de l’inefficacité au travail.

Les conditions du travail

Les paramètres suivants (principalement) des conditions de travail influencent l’exécution du travail 

  • type d’horaire (flexible, posté, travail de nuit, à temps partiel, heures supplémentaires, etc.) ;
  • type de contrat (de courte durée, à temps partiel, contrats successifs, etc.) ;
  • rémunération et avantages sociaux ;
  • façon dont le travail est évalué ;
  • possibilités de formation ;
  • possibilités de carrière ;
  • possibilités d’aménagement du temps de travail ;
  • équilibre vie privée  vie professionnelle.

Par exemple, certains paramètres peuvent engendrer :

  • de l’insatisfaction, à cause de l’absence de perspectives d’évolution ou d’une rémunération perçue comme insuffisante ;
  • de la démotivation, du fait de ne pas pouvoir apprendre de nouvelles choses ;
  • du stress lié à la précarité de l’emploi.

Les conditions de vie au travail, l’environnement

Ces conditions de vie visent l’environnement physique dans lequel le travail est effectué, l’aménagement des lieux de travail, les positions de travail, les substances utilisées, etc.

  • Matériel, outils, informatique, programmes ;
  • hygiène, ordre, propreté, poussière ;
  • climat (froid, courant d’air) ;
  • éclairage ;
  • locaux, zones de travail, signalisation ;
  • poste de travail : siège, casque, écran ;
  • dispositifs de sécurité, manipulation des produits chimiques dangereux, risques d’accidents.

Par exemple, une exposition prolongée au bruit peut provoquer fatigue, stress, anxiété, troubles de l’attention. Elle peut également perturber la communication, gêner la concentration, détourner l’attention… et conduire à des accidents du travail.

Le contenu du travail

Cette catégorie reprend tout ce qui touche à la quantité de travail, à la charge émotionnelle et à la diversité dans le travail. Entre autres :

  • complexité des tâches ;
  • compétences requises ;
  • nature intellectuelle ou manuelle du travail ;
  • variété des tâches ;
  • degré d’autonomie ;
  • rythme ;
  • charge de travail (mentale, physique, émotionnelle).

Par exemple, la charge émotionnelle est inhérente à beaucoup de professions du non-marchand, lorsqu’elles impliquent le contact avec le public et avec sa souffrance : infirmier·ère·s, assistant·e·s sociaux·ales, aides-soignant·e·s. Elle peut se répercuter sur leur équilibre émotionnel et leur sphère privée.

La monotonie dans le travail, un rythme de travail trop rapide, des tâches mal définies, des objectifs peu précis, un flou dans la définition des rôles, sont des sources de souffrance et de mal-être au travail.

Les relations au travail

Les relations au travail regroupent les rapports sociaux : entre travailleur·euse·s (collègues) ; entre les travailleur·euse·s et l’organisation (le·la responsable, les ressources humaines, etc.) ; avec les tiers (bénéficiaires et partenaires). Sont concernés :

  • l’ambiance au travail ;
  • le harcèlement moral ou sexuel ;
  • les violences physiques et psychologiques ;
  • la qualité des relations (coopération, intégration) ;
  • le style de management.

Se savoir écouté·e, respecté·e, compris·e et sentir la présence d’une solidarité au travail favorisent la satisfaction. Au contraire, subir les décisions ou être dans le flou en raison d’une information opaque sont des facteurs de stress. Par exemple, la violence ou le harcèlement peuvent mener au burn-out ou à l’absentéisme.

Ressources

Qui contacter afin de ne pas rester seul·e si vous pensez être exposé·e à des risques psychosociaux ?

Les ressources sont nombreuses tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise.

Voici quelques sites Internet utiles :

Elément

Qui ?

Quoi ?

Coordonnées

Les collègues et le responsable
  • Premières personnes de votre entourage au travail, elles sont à même d’aider à comprendre le problème et à le régler. En outre, elles sont les mieux placées pour simplement vous écouter
 
La personne de confiance
  • Personne (non obligatoire) désignée par l’organisation
  • Disponible « en première ligne » en cas de souffrances relationnelles au travail (conflits, harcèlement moral, etc.)
  • Est là pour écouter en toute confidentialité, informer, conseiller et chercher une solution avec vous
  • À votre demande, peut mener une conciliation entre les différentes parties, intervenir auprès d’un tiers ou mener des entretiens avec le·la requérant·e
  • Compétente pour tous les risques psychosociaux au travail, mais uniquement pour le volet informel
Coordonnées disponibles
dans le règlement de travail
Le service interne pour la prévention et la protection au travail (conseiller·ère en prévention)
  • Compétent·e pour tous les risques psychosociaux au travail, aussi bien pour les procédures informelles que formelles
  • Expert·e (obligatoire) qui conseille l’employeur et les travailleur·euse·s afin de prévenir les risques psychosociaux liés au travail
  • Peut faire partie d’un service interne ou externe pour la prévention et la protection au travail
  • Est là pour écouter en toute confidentialité, informer, conseiller, afin de trouver une solution
  • À votre demande, peut organiser une conciliation ou une médiation entre les différentes parties
Coordonnées disponibles
dans le règlement de travail
Le·la délégué·e syndical·e
  • Certains problèmes peuvent être abordés par lui·elle (ou par le·la représentant·e des travailleur·euse·s au sein du CPPT) afin d’envisager des mesures organisationnelles
Coordonnées disponibles
dans le règlement de travail

Qui ?

Quoi ?

Coordonnées

Le·la conseiller·ère en prévention aspects psychosociaux (le service externe de prévention et de protection du travail)
  • Chargé·e de veiller à la santé des travailleur·euse·s sur le lieu de travail
  • Peut également vous orienter vers différents acteurs extérieurs : psychiatre, psychologue du travail, assistant·e social·e, associations, etc.
Pour les aspects psychosociaux, vous pouvez les contacter directement 
(coordonnées disponibles dans le règlement de travail)
Les inspecteur·rice·s de l’administration du Contrôle du bien-être au travail (Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale - service contrôle du bien-être)
  • Si les problèmes n’ont pas pu être réglés à l’intérieur de l’entreprise et que l’employeur manque à ses obligations en matière de santé et de sécurité au travail, vous pouvez contacter la Direction générale Contrôle du bien-être au travail Sa mission est de conseiller les entreprises en matière de bien-être et de contrôler l’application de la réglementation. Elle peut obliger l’employeur à prendre des mesures
emploi.be
Des spécialistes extérieur·e·s
  • Pour vous orienter et vous aider par rapport aux problèmes vécus au travail
beswic.be  <thèmes risques psychosociaux < moyens d’action pour les travailleurs.
Votre médecin généraliste
  • Pour vous conseiller si vous souffrez de maux dû à des risques psychosociaux
 

Notes & références

  1. Ces articles sont inspirés de la fiche 6 rédigée par l' ABBET

  2. SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, Guide pour la prévention des risques psychosociaux au travail, novembre 2017. Téléchargeable sur www.sesentirbienautravail.be.